FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion (in French)

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Nanpet Chuktu, de la communauté de pratique (CoP) du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en eau et l’Assainissement (WSSCC) a fait part des commentaires suivants :

Merci d’avoir lancé le débat. Je viens du Nigéria et je travaille pour Concern Universal. Nous soutenons le programme du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) ici en tant qu’agence d’exécution. Mes commentaires sont les suivants :

Caractéristiques du recul :

En général, les causes des reculs auxquels nous avons à faire face ici sont les suivantes :
  • Les conflits intra et intercommunaux qui entraînent le déplacement des ménages et des communautés. Lorsque les familles reviennent, elles doivent généralement recommencer à zéro. Si le terrain est accidenté ou saturé d’eau, il est alors difficile pour elles de reprendre possession et d’utiliser à nouveau des latrines.

  • Nous avons également le cas d’une communauté qui a fait des progrès dans l’accueil des personnes déplacées dans leur propre pays venant de communautés en conflit. Ceci a été très difficile à gérer, car les nouveaux arrivants surchargent les installations existantes et ne veulent pas toujours respecter les règles mises en place par la communauté d’accueil.

  • Lorsque des inondations ont lieu et que les ménages perdent leurs latrines en raison d’un effondrement de terrain. Cela prend un peu plus de temps aux ménages pour réinstaller leurs latrines.
Stratégie locale pour éviter ou atténuer le recul

Cliniques - Nous avons essayé de faire plus d’efforts pour renforcer la pression collective et prendre des mesures pour devenir FDAL et le rester, non seulement pour un ou deux villages mais pour tout un groupe de villages (20 à 30) qui ont des affinités sur le plan administratif. Nous avons jusqu’à présent organisé des réunions (cliniques WASH) dans les lieux où ces groupes de communautés sont représentés. Une estimation des performances des communautés est effectuée et celles qui se montrent efficaces sont félicitées, alors que celles qui ne sont pas performantes sont pointées du doigt. On fait également comprendre à ces dernières qu’elles sont encore en train de manger et boire leurs excréments. La démarche pour devenir FDAL est ainsi devenue une compétition entre les communautés, qui ne veulent par ailleurs pas être pointées du doigt lorsqu’elles se rencontrent à la réunion suivante.

Groupe de travail sur l’assainissement - Notre programme a soutenu une partie tierce - le groupe de travail local sur l’assainissement. Il s’agit d’un groupe de cadres supérieurs de l’administration locale, de chefs religieux et de leaders traditionnels actifs localement. Ils ont reçu une formation sur le protocole national de vérification FDAL et sur les critères requis. Ils ont pour rôle de mener une vérification mensuelle des communautés FDAL et ont pris l’habitude de convaincre les communautés « obstinées » ou en retard. Ils ont relevé la barre en ce qui concerne les critères FDAL et ont tendance à s’y tenir lors de leurs visites - pas de défécation à l’air libre, présence d’un poste de lavage des mains, trou de défécation avec une plaque et une protection contre les mouches et, dans les latrines à fosse, obligation d’utiliser des cendres.

WASHCOMS - Une fois qu’une communauté accède au statut FDAL, nous la soutenons pour qu’elle devienne une communauté WASH (au moins six hommes et six femmes). Ces hommes et ces femmes forment l’avant-garde dans leurs communautés respectives pour maintenir le statut FDAL. Ils reçoivent une formation de base sur l’assainissement et l’hygiène et sont aussi amenés à comprendre les critères FDAL, et comment tout manquement à l’un de ces critères FDAL pourrait signifier qu’ils recommencent à manger leurs excréments. Ces WASHCOM font maintenant en sorte que les ménages soient encouragés à avoir des latrines qui répondent aux critères FDAL et aident les personnes âgées et les veuves qui ne peuvent en construire une pour elles-mêmes.

Tracey Keatman
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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et aussi, notre collègue, Aditya Soni a dit:

Je travaille avec l’Urban Management Centre ( www.umcasia.org ) dans certaines zones urbaines du Gujarat, en Inde. Nous avons formé un partenariat avec certaines villes pour les soutenir dans leurs efforts visant à éliminer la défécation à l’air libre.

Problématique 1 :

Chacune des villes est à un stade de mise en œuvre différent des autres pour ce qui concerne divers projets d’assainissement. Ces projets comprennent la construction de toilettes, la pose d’un réseau d’égouts et la construction d’usines de traitement. Par conséquent, il y a plusieurs communautés dans ces villes qui ne disposent pas de l’un ou l’autre de ces éléments dans leurs maisons, ce qui les oblige à déféquer à l’air libre. Cependant, non seulement des contraintes de production affectent l’offre, mais ceux susceptibles de s’intéresser aux produits ne peuvent pas les acquérir : ainsi, les pauvres des milieux urbains ont des petits logements qui n’offrent pratiquement aucune place pour construire des toilettes. Des villes plus petites font toutefois face à des problèmes de moindre envergure.

Par conséquent, quelle est la première étape pour planifier efficacement et échelonner l’infrastructure d’assainissement dans les zones urbaines des pays en développement ?

Je voudrais en savoir plus sur des solutions qui ont pu être essayées ou qui se révèlent efficaces.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Kimberly McLeod a dit:

Bonjour à tous,

Merci à WSSCC et SuSanA pour l'affichage de ce thème. C'est formidable de lire les commentaires de l'organisation susmentionné, et j'espère que d'autres sont en mesure de partager leurs réflexions et expériences afin que nous puissions tous saisir ces idées et inspirer une certaine durabilité dans nos villages FDAL. Je travaille avec Medical Care Development International (MCDI) et nous implémentons les programmes GSF en tant qu’agent d'exécution au Madagascar et au Bénin.

Mes commentaires répondent expressément aux questions 2 et 3de Matilda, mais aussi aborder les autres.
Il y a un grand besoin de développer un système d'évaluation solide afin de maintenir le statut FDAL d'un village.

En plus de maintenir la routine quotidienne d'un village FDAL, on doit évaluer le village afin de déterminer où se produisent les problèmes et se trouvent les domaines dans lesquels ils excellent. Par exemple, il ne serait pas très utile évaluer ces villages avec des questionnaires avec des cases à cocher« Oui » ou « Non »; « Oui, ce village a atteint le statut « FDAL » ou « Non, ce n'est pas un village FDAL ». Dans un village ayant échoué, ceux essayant de maintenir le nouveau statut FDAL ignore peut-être comment améliorer ce statut voire ne savent pas où commencer en se basant sur de telles questions.

Au lieu de cela, nous proposons de poser des questions plus directes telles que « Pourquoi ce village a-t-il échoué dans le maintien de son statut? », « Où est le village a-t-il échoué » et « Quelle est la fréquence de l'échec ?». De cette façon nous pouvons mieux déterminer les prochaines étapes afin d’amener un village donné à obtenir et garder son statut FDAL.

C'est presque comme si on essayait de s’équilibrer sur une balançoire ou de faire comme une araignée tissant sa toile entre deux brins d'herbe mais toujours capable se balancer avec le vent.

Comme décrit dans l'introduction de Matilda, il existe 3 principes reconnus pour les villages FDAL :
  1. le village ne doit plus pratiquer de défécation à l’air libre,
  2. les latrines doivent être munies de couvercle anti-mouches ; et
  3. les villageois doivent avoir des stations de lavage des mains et se laver correctement les mains aux moments cruciaux
Est-il judicieux de dire que ces principes ont le même impact lors de l’évaluation d’un village ?
Nous pensons que non.

Par exemple, disons qu'un village échoue car les membres de la communauté ne se lavent pas systématiquement les mains, mais après une analyse plus approfondie, il apparaît que le village manque d’eau en raison de la saison sèche ! Une fois le problème connu, il ne reste plus qu’à trouver une solution pour y pallier. Dans ce cas que dire si un autre village échoue en raison d’un retour à la défécation à l’air libre synonyme d’un retour de mauvais comportement ? Nous pensons que ce dernier cas mérite plus d’attention et travail en raison de la gravité du problème qui exige plus de planification et des ressources pour trouver une solution adéquate pour éradiquer un comportement néfaste.

Comment dès lors pouvons-nous montrer cette pondération différente ? Une suggestion commune mais souvent méprisée est la matrice des feux de signalisations. Peut-être cette idéologie pourrait être incorporée dans les seuils critiques des principes FDAL.

En résumé, ce système d'évaluation permettra spécifiquement de mettre en évidence les aspects (positifs et/ou négatifs) et ensuite de résoudre tout dérapage dans le système pour retrouver rapidement le statut d’un village FDAL.

Il serait formidable et très enrichissant d'entendre et d’échanger avec d’autres villages sur les techniques et moyens mis en place pour le maintien du statut FDAL ainsi que de connaître les mécanismes d’évaluation mis en place pour assurer la pérennité du village.

Merci d’avance de vos réponses et commentaires.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Jonathan Ekhator, de la communauté de pratique (CoP) du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en eau et l’Assainissement (WSSCC) a fait part des commentaires suivants :

Dans les communautés rurales au Nigéria, où je fais partie d'une équipe de mise en œuvre du programme financé par le GSF sur l'assainissement, la question du slippage « dérapage » est un défi duquel nous tirons des leçons et pour lequel nous cherchons des idées novatrices pour en atténuer les occurrences.

Je m’appelle Jonathan Ekhator et je travaille avec Concern Universal comme un agent de support technique WASH. Mon intervention portera sur les différents type de slippage, les facteurs pouvant le provoquer ainsi que son impact tant au niveau social qu’au niveau de la santé.

Les trois types de slippage que j’ai constaté sont les suivants :
  1. Slippage au niveau communautaire : La communauté dans son ensemble retourne à la pratique de défécation à l’air libre après avoir obtenu un statut FDAL. Les facteurs externes qui y contribuent sont entre autre un faible niveau de déclenchement ATPC.
  2. Slippage saisonnier : Les membres de la communauté retournent à la défécation à l’air libre pendant la saison des pluies et n’utilisent les latrines qu’en périodes sèches. Ce type de glissement est principalement dû au fait de l’effondrement des latrines, car dans les zone marécageuses l’eau de pluie les remplit et en interdit toute utilisation correcte. Durant la saison des pluies, les facilitateurs actifs dans le domaine du lavage des mains ne peuvent se rendre dans certaines communautés en raison des zones humides. Ce slippage ne touche pas l’ensemble de la communauté, mais est plus limité à certains foyers plus durement touchés par les inondations.
  3. Slippage dit de convenance ou d’opportunité : La communauté est déclarée FDAL et il n’y pas à proprement parler de défécation à l’air libre. Mais certains de ses membres ne se formalisent pas à l’idée de déféquer à l’air libre dans leurs champs ou en dehors de la communauté. Les larges espaces ainsi que la faible facilitation des communautés qui ne comprennent pas et qui n’ont pas pris conscience qu’ils doivent mettre un terme à cette pratique en sont les principaux facteurs.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et aussi, notre collègue, Aditya Soni a dit:

Il est intéressant de voir les efforts engagés visant à éradiquer le slippage ou glissement. Toutefois, il serait beaucoup plus intéressant de connaître tous les efforts qui ont été engagés par le biais des changements sociaux et de comportements.

Par exemple, afin d’empêcher le « Glissement de complaisance », présenté par Jonathan Ekhator.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Vincent Ouma, membre du WSSCC a ajouté :

Bonjour à tous,

Mon nom est Vincent, je travaille avec l'AMREF Santé Afrique au Kenya sur le Programmee financé par le GSF. Par le biais de mon travail sur S & amp ; H dans les communautés, je commence à penser que le slippage ou glissement non est fortement corrélé aux mesures de développement durable que nous avons mis en place au cours de notre action avec les collectivités pour l’obtention du statut FDAL, si les mesures sont faibles il est dès lors très peu probable d’assister à un glissement.

L'autre défi que j'ai rencontré est celui lié aux personnes vulnérables, dans certains villages dans lesquels nous travaillons, il est difficile d'être certifié FDAL en raison de certains membres de la communauté qui sont alités ou souffrant de maladies qui les rendent incapables de contrôler les mouvements de leur intestin, de ce fait, le village n’est pas déclaré FDAL et les membres de la communauté relâchent leurs efforts et reviennent aux précédents comportements.

Donc les mesures que nous avons mis en place au cours de ce travail sont essentiels, je serai heureux d'entendre comment d'autres partenaires traitent ces deux questions

A bientôt

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

El un commentaire de Marijn Zandee :

Chers collègues,

Vous trouverez ci-après une triste histoire relative au slippage tel que relaté dans les médias népalais :
thehimalayantimes.com/nepal/odf-declarat...results-in-far-west/

Au cas où le lien ne serait pas accessible, voici un extrait de l’article en question :

DIPAYAL : la déclaration de statut FDAL (ODF) dans une zone sans les infrastructures nécessaires dans la région de l’extrême ouest a eu des résultats opposés aux attentes.

Au lieu de rendre lesdites zones propres et hygiéniques, la déclaration sans préparation adéquate a donné lieu à une importante pollution physique et odorante.

Les latrines de fortune construites au hasard sont en piteux état. Les plaintes se multiplient quant à la pollution engendrée par des infrastructures inadéquates.

Les VSDCs et les municipalités de la région se sont lancés dans une concurrence malsaine afin d’obtenir le statut FDAL et atteindre un objectif FDAL pour toute la région avant la fin 2015.

Selon Parkash Rawal, ingénieur au bureau régional de surveillance et de superivsion à Dipayal, des campagnes de sensibilisation sont déployés pour maintenir une certaine hygiène dans les toilettes de fortune.

Beaucoup de latrines/toilettes temporaires et de projets relatifs à l'eau potable dans certains quartiers sont dans les limbes après que la zone ait été déclarée FDAL, car bon nombre d’agences ont dès lors suspendu leurs aides.

L’administrateur et coordonnateur du comité de coordination sur l’hygiène pour la région de l’extrême ouest, Sharad Raj Bista et a souligné que la sensibilisation du public est indispensable pour soutenir les projets existants.

Bajura, Achham et Dadheldura des districts de la région ont été déclarées zones FDAL.

Le bureau régional de suivi et de supervision, Dipayal, a informé que six autres districts sont sur la voie de l’obtention du statut FDAL.


Cette citation des média n’est pas confirmée pour le moment mais elle n’en demeure pas moins réaliste et conforme à la réalité.

Les raisons du glissement, tel que mentionné dans l’article sont :
  • Concurrence malsaine entre les gouvernements locaux pour atteindre les objectifs du gouvernement central, à tout prix (non financiers)
  • La construction de latrines dans l’urgence et en trop grand nombre et qui ne sont en fin de compte ni hygiéniques ni pérennes
  • Manque de sensibilisation et de motivation dans les communautés ainsi qu’un manque de suivi dûment financé
Il convient également de noter que cette partie du pays est connue pour être très pauvre et avec un faible accès à l’eau.

Avec mes remerciements,

Marijn

Marijn Zandee
Technical Advisor
Nepal Biogas Promotion Association (NBPA)

Deutsche Gesellschaft für
Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH
Kathmandu, Nepal

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Joséa Ratsirarson, de la communauté de pratique (CoP) du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en eau et l’Assainissement (WSSCC) a fait part des commentaires suivants :

========================

Mon nom est Joséa Ratsirarson et je travaille comme Représentant à Madagascar de Medical Care Development International qui est l’Agence d’Exécution du programme GSF à Madagascar.

Dans mes expériences, la pérennité du statut ODF se construit tout au long du processus CLTS, avant même le prédéclenchement jusqu’au delà de la phase de maturation post ODF. En effet, la faible qualité de mise en oeuvre de l’une des étapes principales du CLTS fragilise le changement de comportement de la population qui est matérialisé par l’atteinte du statut ODF. Par exemple, souvent les praticiens minimisent le prédéclenchement alors que cette étape aurait déjà permis d’identifier les menaces (que nous qualifions facteurs de retour dans notre jargon) vers le retour au statut DAL et déjà des mesures auraient pu être mises en route dès le départ.

Plusieurs intervenants dans ce forum parlent aussi de la qualité de facilitation. La qualité de facilitation ne devrait pas seulement concerner le déclenchement mais tout le processus CLTS en entier (prédéclenchement-Déclenchement-Suivi post déclenchement-Post ODF). Un déclenchement faiblement facilité générerait un ODF fragile. Dans mes expériences, la clé d’une bonne facilitation pour générer un ODF solide est la centralisation du message vers le fait que la communauté ingère involontairement de la merde de par leurs pratiques actuelles. Comme aucune personne au monde ne veut ingérer de la merde, une fois que l’idée est profondément ancrée dans l’esprit de la communauté, l’ODF qui va sortir n’est pas seulement un ODF visible mais surtout un ODF dans l’esprit. C’est cet ODF dans l’esprit qu’on doit rechercher et faciliter mais pas l’ODF visible. Une fois que que l’ODF est dans l’esprit, l’ODF visible est solide et pérenne.

Je vais vous parler d’un exemple dans la Région de Boeny (une des 22 Région de Madagascar), une de nos régions d’intervention. En janvier 2015, cette Région a subit de plein fouet le passage d’un cyclone. 90% des latrines dans nos villages ODF étaient détruites. Sans que nous avons déployé de mesures correctrices, les villageois eux mêmes ont reconstruit, de leur propre moyen, sans aucune aide externe, 90% des latrines détruites un mois après le passage de ce cyclone. La question est pourquoi : Par ce que leur ODF est dans l’esprit mais pas seulement visible, ils ne veulent plus ingérer de la merde. Et même s’ils étaient dans une situation de nécessité absolue (situation d’urgence), pour eux, ingérer encore une fois de la merde n’est pas acceptable et c’est une priorité de s’en empêcher.

L’autre point que je voudrais aborder est le point soulevé par Matilda sur le ‘’slippage pattern’’. En phase post ODF, le comportement des communautés est effectivement versatile, passant d’un statut ODF au statut DAL. Nous avons surtout remarqué que le retour est surtout conditionné par des facteurs de retour, aussi nombreux qu’inimaginables. Il suffit par exemple que la pluie tombe quelques jours que la communauté ne dispose plus de cendres pour se laver les mais ou pour en asperger les latrines. Le résultat est que pendant cette période, la communauté est déjà en retour à la DAL. L’accent devrait être mis sur la recherche de ces facteurs de retour. Une fois identifiées, les praticiens doivent faciliter la recherche de solution par la communauté elle même plutôt que d’en apporter la solution par eux mêmes. Nous, en tant qu’intervenant externe à la communauté, ne pouvons pas tout résoudre ni avoir toutes les solutions. Le problème est communautaire, la solution devrait être communautaire, notre rôle est la facilitation.

Et aussi :

Merci des commentaires. Je ne suis pas tout à fait d'accord de toujours stéréotyper les causes de retour comme étant toujours liée à la qualité des latrines. C'est probablement l'un des facteurs dans les zones à conditions climatiques et géologiques particulières et c'est seulement l'une des multitudes de causes de retour. Il faut aller plus en profondeur car l'élimination de la défécation à l'air libre n'est pas une latrinisation mais plutôt un changement de comportement. La durabilité dépendrait plutôt de l'existence d'un vrai changement de comportement mais pas de la latrine. Souvent, nous les acteurs s'empressons à obtenir et déclarer le statut ODF d'un village, quitte même à forcer le processus, sans attendre le vrai changement de comportement des cibles. C'est dans ce cadre que nous nous empressons à solutionner les questions de durabilité à coup de donation, de subvention, de technologie etc. Alors que le vrai problème est la faible qualité de notre mise en oeuvre qui nous fournit des ODF fragiles.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et aussi un commentaire du Orlando Hernandez :

Je m’appelle Orlando Hernandez et collabore actuellement sur le projet WASHplus financé par USAID. J’ai également étudiés des programmes ATPC mis en œuvre en Amérique latine et en Afrique Francophone, mis en place par ECOPSIS. Un petit rappel des points à garder à l’esprit. Premièrement, le statut ODF peut être obtenu indépendamment du type de latrine construit. Dans certaines régions où les sols/terrain sont sablonneux, rocheux ou facilement inondable, la construction de fosses s’avère nécessaire. Il n'existe pas un tableau ad hoc d'options technologiques disponibles pour les communautés, et même s'il y a des programmes de marketing de l’assainissement qui visent à accompagner les défis liés à l’assainissement, il arrive parfois que les latrines construites ne correspondent pas aux normes prédéfinies. Ainsi, ces installations peuvent être de courtes durées et finissent par s'effondrer après une ou deux saisons de pluies. Ces conditions amènent souvent les membres de la communauté à revenir à une défécation à l’air libre. Un des défis est alors de savoir comment garantir la qualité et la pérennité desdites installations à long termes?

Deuxièmement, les structures visant à déclarer une communauté ODF et aider cette communauté à y parvenir ne sont parfois pas encore mises être en place. Les donateurs sont plus souvent concernés par les objectifs de couverture sans se soucier de la qualité des installations à proprement dite (combien plutôt que comment). Il arrive parfois que des installations doivent subir des remises en état qui peuvent parfois s’avérer aussi couteuses que l’installation à proprement parler. Certaines réparations peuvent être conséquentes si les latrines construites en premier lieu étaient susceptibles de causer une pollution environnementale ou une contamination des nappes phréatiques, comme ce fut le cas dans certaines régions du Bangladesh où les latrines présentaient des risques de fuite et ont donc dû être « enveloppées » pour l’éviter. Les efforts associés à l’enveloppement d’une fosse passent inaperçus et peuvent être importants pour maintenir une latrine fonctionnelle et opérationnelle tout en tenant compte du volet de la protection de l'environnement.

Troisièmement, la présence de latrine dans un ménage n’est pas toujours synonyme d’une utilisation systématique par l’ensemble des membres de la famille. Veiller à ce que tous les membres d’un même foyer, jeunes et vieux, hommes et femmes, font usage d'une installation devrait représenter la pierre angulaire d’un changement de comportement important. Enfin, les familles doivent apprendre à utiliser ces installations pour l'élimination des selles des enfants. Souvent, les familles ont accès à une installation d'assainissement mais continuent néanmoins à disposer des fèces d'enfant dans des dépotoirs ou dans les voies navigables.

Considérations relatives au slippage doivent prendre en compte :
  1. la qualité des latrines construites ;
  2. le soutien financier ou logistique des réparations nécessaires à l'infrastructure à long terme ;
  3. aider les familles à faire en sorte que tous les membres de la famille utilisent des installations par le biais d’un ancrage des principes de l’assainissement et
  4. étendant l'utilisation de latrines à l'élimination des selles des enfants pour prévenir tout risque de pollution de l'environnement.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et Dennis Alioni a dit :

Il est vrai que beaucoup de communautés déclaré FDAL retomber à retombe à un statut DAL. Je pense que les points sont à considérer :

1. le personnel de santé environnemental se satisfont généralement et à tort d’une communauté déclarée FDAL et suspende dès lors tout intervention visant à suivre ces communautés dans le maintien et ou l’évolution de ce statut, comme par exemple le fait d’amener cette communauté à un meilleur niveau d’assainissement. Cet état de fait a engendré bon nombre de glissement/slippage.

2. Orlando Hernandez a fait des commentaires valables sur l’utilisation de technologie propre à une communauté donnée. Dire que nous devrions avoir « des latrines basiques à l’épreuve des mouches» ne prend pas en considération la durabilité des installations. Basic se réfère à la disponibilité de matériaux locaux. Ce sont des régions pauvres où les sols sont susceptibles de s'effondrer à la saison des pluies et à la présence de termites qui peuvent dégradés les latrines entre autres. La technologie de latrines appropriée doit être défini et être adéquate pour chaque région.

3. gestion des fonds au gouvernement local doit être contrôlé afin de s'assurer que les travailleurs de la Communauté ou du sous-comité reçoivent réellement les fonds budgétés pour le suivi ad hoc. Dans certaine région où un suivi après déclenchement est censé se faire 6 fois, seuls les fonds pour 2 suivis a été distribués. La surveillance des gestionnaires de fonds de pays doit être renforcée pour que cela se produise.

En Ouganda, tous les trois points ont causé des glissements.

Le Programme eau et assainissement piloté une initiative en Ouganda pour accélérer la réalisation de l'accès à un assainissement amélioré (durable, latrines faciles à nettoyer et latrines scellées - avec diverses technologies) dans quatre districts pilotes. BCC a été introduit lors du déclenchement ATPC pour donner accès aux communautés à des produits et services d'assainissement améliorés. Des entrepreneurs et des institutions financières ont été introduits pour fournir des services et un accès au financement pour l'amélioration des installations. Par la suite des demandes spécifiques pour la création de certaines activités au cours de l’ATPC entre autres. Tout cela a permis d’atteindre un statut d’assainissement amélioré de l’ordre de 17 à 34% dans les districts pilotes. Une intégration d’une aide ad hoc dans les programmes ATPC permet dont de minimiser le slippage et de garantir dans une certaine mesure un assainissement plus pérenne.

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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et aussi...

Bonjour, Je m’appelle Tobias Omufwoko et je suis coordonnateur national du WSSCC au Kenya.

Je suis d'accord avec Vincent quant au fait que la durabilité a beaucoup à voir avec le slippage du statut ODF et voudrais ajouter à cela : la qualité de déclenchement, le suivi par le gouvernement ou les leaders naturels et la pression de communautés d’ores et déjà certifiés vis-à-vis de leurs collègues.

Oui à un statut FDAL non pas comme un événement mais comme un processus à part entière qui mène à une meilleure santé, et donc il doit être déclenché par des personnes compétentes, contrôlé et faire l’objet d’un suivi bien au-delà du programme en lui-même et ne surtout pas être limité à une couverture en latrines de 100% en passant d’une communauté à l’autre.

Tracey Keatman
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Re: FDAL et la retour a la DAL (slippage) - Introduction et questions pour la discussion

Et Akhilesh Gautam a dit:

@ Jonathan Ekhator : vous faites trois catégories simples mais très efficaces, basés sur votre propre expérience dans ce domaine. Il s'agit d'une contribution très utile. Merci.

D’après votre expérience sur le terrain, quel laps de temps définissez-vous comme « un changement de comportement stable et pérenne » dans l’utilisation de latrines avant de parler de slippage. D’après ma propre expérience sur te terrain en Inde, de nombreux villages n’ont jamais atteint un stade de changement de comportement stable et pérenne et parler dans ce cas de slippage est erroné et a des implications différentes pour ce qui est de la mise à jour de la stratégie dans les programmes d’assainissement.

Merci de bien vouloir nous faire part de vos réflexions à ce sujet.

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